Puis, ce qui me vient à l'esprit en parlant de ça, c'est qu'il est en effet positif parfois de changer d'environnement, de toucher à quelque chose d'autre qu'à ce dont nous avons l'habitude pour nous ouvrir, nous épanouir... Nous sommes tous tellement enfermés dans notre petit monde, dans lequel au final nous tournons en rond, avec sans cesse les mêmes questions, les mêmes problèmes...
S'intéresser aux autres, par exemple, cela vous semble t-il quelque chose de difficile ? Les autres sont indéfinissables, ils sont tellement inconnus... Et justement, c'est ce qui devrait nous donner envie de les connaître davantage. Je pense qu'il nous est, à tous, un jour, arrivé de connaître quelqu'un qui nous fait voir un autre univers. Ou qui, par sa simple présence, apporte du neuf, simplement du "neuf". C'est sensationnel, n'est ce pas ?
Ce qui ne l'est pas, en revanche, c'est le fait de ne pas pouvoir connaître toutes les personnes qui nous entourent, alors qu'elles ont tant de choses à nous faire savoir, à partager avec nous... Elles ont toutes leur part d'expériences que nous voudrions peut-être connaître ! Il serait tellement agréable d'entrer dans un bus, de s'asseoir à côté de quelqu'un et de lui parler, rien que pour le plaisir de partager. Comme dans les films. Mais rien ne nous empêche de le faire, à première vue. Mais quand on y réfléchit bien, presque toutes les bonnes raisons du monde nous empêchent de parler aux inconnus. "Regarde sa casquette, c'est une racaille, regarde sa couleur de peau, c'est pas un français, regarde ses cheveux, il est trop chevelu, regarde ses bagues, c'est un bourge, et sa barbe ? c'est peut-être un violeur..." Les préjugés, et tout ce qui s'en suit. Lofofora a raison dans sa chanson "les gens" que je vous invite à écouter d'ailleurs, au passage. Les préjugés qui, au final, se montrent bien ridicules car non, la barbe n'engendre pas le viol. Enfin, c'est un exemple extrême que je vous donne là, mais simplement pour vous montrer à quel point nous sommes bêtes, étroits d'esprit, et complètement renfermés sur nous-mêmes. Les gens sont intéressants. Je suis bien d'accord sur le fait que nous ne pouvons pas connaître la population entière, mais si seulement nous prenions la peine de nous investir un peu plus vers les autres. On s'oublierait un peu, notre nombril s'écraserait tout doucement, et peut-être que la vie quotidienne serait beaucoup plus agréable.



