Théa raille d'avance. (Aucune raison de censurer, là.)

Théa raille d'avance. (Aucune raison de censurer, là.)

# Posted on Sunday, 03 August 2008 at 9:02 PM

Edited on Sunday, 01 March 2009 at 7:08 PM

ROTFLMAOWPIMP

ROTFLMAOWPIMP

# Posted on Tuesday, 20 May 2008 at 1:55 PM

Edited on Sunday, 01 March 2009 at 7:16 PM

Salle d'attente.

Salle d'attente.
A peine était elle arrivée dans la salle d'attente, qu'elle regardait déjà quel magazine prendre. Je ne dirais pas lire, non. Feuilleter les pages une par une pour regarder les gros titres et les images, je n'appelle pas ça lire. C'était une femme, d'une quarantaine d'années, qui visiblement ne pouvait pas accepter le fait d'attendre sans pouvoir se distraire. Penser ? Réfléchir ? Non. S'occuper l'esprit avec un magazine « MADAME », celui qui attirait le plus l'½il, celui qui était bleu, frais, attirant, celui qui était fait pour être pris. Tout est là, la manipulation à son apogée, l'art du tape à l'½il. L'important n'est pas la marque de la revue, l'essentiel est que cette femme avait refusé de s'ennuyer. Oui, chez bon nombre de personnes, l'attente est synonyme de l'ennui. Elle tournait les pages, tournait les pages, jusqu'à ce qu'elle s'arrête sur un article double page... « En direct de l'au-delà. » Tout était dit. Elle lisait cet article, du moins, elle en avait l'air. Que cherchait-elle ? Une révélation ? « J'ai lu dans un bouquin qu'un type avait réussi à rentrer en contact avec des esprits, pas croyable ! » Et pourtant.
Cette femme cherchait peut-être dans cet article une source de rêverie, quelque chose qui lui aurait donné l'espoir d'un autre monde. Pourquoi dans l'au-delà ? Pourquoi dans un magazine ? Elle aurait pu tout simplement attendre en pensant, en s'imaginant tout un tas de choses qui lui auraient permis de s'évader dans son propre monde, dans un monde qu'elle aurait inventé afin d'échapper à celui dans lequel elle baigne chaque jour.
Combien d'autres personnes sont comme elle ? Combien d'êtres humains sont incapables de rêver ne serait-ce qu'à partir de leur propre imagination ?

Le nombre de personnes n'étant pas capables d'imaginer est considérable, affolant, effrayant. C'est ce que la société veut, c'est elle qui nous impose des rêves préfabriqués, c'est elle qui nous vend nos désirs...

Qui réussit à lui tenir tête ? Une minorité.

# Posted on Wednesday, 09 April 2008 at 7:02 PM

Edited on Monday, 15 June 2009 at 10:59 AM

Nuit blanche.

Nuit blanche.
J'ai trop peur de m'endormir, trop peur que le sommeil me plonge dans ses rêves. Je n'ai pas envie de rêver pour ensuite me réveiller et m'entendre dire « ce n'était qu'un rêve ».
Tout le monde se souhaite une bonne nuit remplie de beaux rêves. Mais pourquoi ? Le rêve est une illusion qui, à chaque réveil, nous rappelle à quel point notre vie est médiocre.
Je me demande pourquoi toute ma vie, si courte soit elle, j'ai eu une infinité de rêves. Étais-je réellement si naïve ? Je n'ai jamais pris conscience que les rêves n'étaient que bien souvent désirs inassouvis.
La nuit nourrit ma vie d'illusions dont j'aimerais me passer. Le réveil remplit ma vie de désillusions m'enfonçant encore un peu plus chaque jour dans ma terne existence.
Tout le monde pense que les rêves sont anesthésiques, qu'ils nous aident à aller de l'avant et que ce sont eux qui donnent un sens et un but à notre vie. Moi, je suis persuadée du contraire.
La quête du bonheur ne se fait pas par la tentative d'accomplissement de nos rêves. J'ignore encore comment atteindre le bonheur si ce n'est m'ôter la moindre désillusion. Peut-être que pour certains, vivre dans l'illusion la plus totale les rassure. Dans ce cas, oui, mais pourvu qu'elle soit éternelle afin de ne jamais être déçu.
Je pense que c'est ce qu'on appelle l'espoir. Et comme on dit parfois, lorsqu'au fond de nous, nous sommes désespérés : « L'espoir fait vivre. »
Seulement, moi, je vous demande : « Oui mais à quel prix ? »

# Posted on Monday, 18 February 2008 at 6:24 PM

Edited on Monday, 02 March 2009 at 6:15 AM

A qui je nuis me pardonne.

A qui je nuis me pardonne.
Je sentais toujours cette pluie froide et salée sur mon visage, je passais mes mains sur mes joues pour éviter qu'elle glisse dans mon cou.

Je suis là, maintenant, près d'une maison chic et éclairée, je vois des gens à l'intérieur qui rient et dansent, j'aurais préféré ne pas les voir, ignorer leur existence, et pourtant je reste là, à les observer, à scruter leur intimité. Ce n'est pas de ma faute si leurs rideaux sont ouverts, si ils s'exposent à découvert. J'aurais pu continuer à courir, j'aurais pu ne pas voir cette maison. Mais je me suis arrêtée, j'ignore la raison. Même si mes yeux pleurent, même si ma vision est troublée, j'arrive à distinguer leur visage jovial, leur regard pétillant, et leurs mouvements envoûtants. C'est haïssable et éc½urant, et pourtant, je persiste à les regarder. Ils sont heureux et épanouis, ça en devient effrayant.

Il y a une femme, un homme et deux enfants. Le couple d'adultes danse, les mains sur les hanches, les enfants sont assis sur le canapé et les regardent en rigolant. La lumière reste terne et s'évacue d'elle une ambiance chaleureuse. Une bonne petite famille de bourgeois, joyeuse et répugnante comme je les déteste.

Il est environ minuit, à quelques minutes près, je ne sais pas où aller. Mes yeux défoncés, mes vêtements déchirés, mes genoux pleins de boue et ma peau griffée, je risquerais d'effrayer ce beau petit monde si je me risquais à les déranger. Je préfère m'allonger sur le trottoir, dans le caniveau, près d'un tas de feuilles ou d'un clodo.

Le sol est froid, il râpe ma peau, mes mains grelottent, mes os se glacent, c'est simplement l'histoire d'une nuit. Demain, j'irai ailleurs. Demain, j'aurai une vie meilleure.

Je me suis vite endormie, j'ai été réveillée par le grincement d'un portail qui s'ouvrait. Il s'agissait du père de la petite famille bourgeoise de la veille, il s'est posté devant moi, je le regardais de bas en haut, puis il a sorti une arme, je pensais qu'il voulait m'effrayer. Mais il a tiré. Mon sang s'écoulait à terre, mon épaule avait été profondément touchée, ma bouche tremblait, mes yeux pleuraient, je ne comprenais pas. J'ai tenté de me relever, mais il a tiré de nouveau, dans mon genou. Je souffrais comme jamais je n'avais souffert.

Mon sang de moins en moins présent dans mes veines, je m'affaiblissais, et personne n'est venu m'aider.

J'aurais dû continuer à courir, j'aurais dû éviter cette maison. Mais je me suis arrêtée, je connais à présent la raison.

# Posted on Tuesday, 12 February 2008 at 7:28 AM

Edited on Monday, 15 June 2009 at 11:03 AM