Théa.

Nous marchions seules, toutes les deux. Le ciel se couvrait, le soleil continuait à réchauffer sa peau juvénile. Elle marchait devant moi, le sourire aux lèvres. Je la regardais, l'examinais. Ses cheveux blonds lui donnait un air angélique qu'elle seule pouvait avoir. Un visage rond, un regard charmeur, une peau douce comme celle d'un bébé, un sourire dont on tombait amoureux... Sauf moi. Elle pensait que tout allait pour le mieux, elle riait sans cesse, elle était toujours pleine d'entrain, de joie de vivre, d'amour, de choses que je ne pouvais plus supporter.

Elle n'avait pas peur de moi, j'avais beau lui dire que je pouvais faire n'importe quoi, que j'étais quelqu'un dont elle aurait dû s'éloigner... Elle n'en croyait pas un mot. Cela la faisait rire.

Elle s'est arrêtée et m'a regardée.« Tu sais, Théa, la vie est quelque chose que j'adore. Regarde comme on est bien, ici, toutes les deux. On aurait pu naître ailleurs, vivre dans de pauvres conditions... Mais regarde-nous. » Elle avait le don pour tout relativiser. Elle avait le don pour tout sublimer. Elle sublimait notre vie médiocre comme je le détestais. Notre vie était bel et bien médiocre, jamais je n'avais réussi à supporter le fait qu'elle puisse se contenter de notre pauvre existence. Jamais je n'avais pu accepter qu'elle puisse essayer de nous voiler la face de cette manière.

Au fond de moi, je la détestais toute entière. Et pourtant je continuais de vivre à ses côtés comme si j'avais besoin d'elle pour équilibrer la balance. J'étais le mal, elle était le bien.

Je ne trouvais rien à répondre à ses paroles naïves qui m'exaspéraient à chaque fois qu'elle les prononçait. Je me taisais, mais à l'intérieur de moi, je hurlais. J'aurais aimé lui cracher au visage, la mettre à terre et la rouer de coups pour qu'elle arrête d'être si crédule, pour qu'elle cesse de penser de cette manière. Elle aurait peut-être compris que moi-même je n'étais pas si gentille qu'elle le pensait, peut-être aurait-elle pris conscience que la mort la côtoyait en permanence.

Elle n'avait pas peur de moi et c'est bien ce qui m'insupportait le plus.

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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 10:39

Modifié le lundi 15 juin 2009 11:18

Théa, je t'aime.

Théa, je t'aime.
Elle avait toujours eu la vie facile, la vie avait fait en sorte qu'elle ne souffre jamais ou alors très peu. C'était sûrement pour cette raison que je la haïssais.

« Théa, je t'aime. », lorsqu'elle prononçait ces mots, je ne savais pas quoi lui répondre. Je la regardais, le regard vide, me forçais à sourire et partais. J'avais toujours détesté l'amour qu'elle pouvait me porter. Je n'avais jamais compris pourquoi elle m'aimait. En réalité, je n'aimais pas être aimée car cela me donnait l'impression d'être quelqu'un de bien. Et à ses yeux, je renonçais à être quelqu'un de bien.

Je me retenais depuis bien trop longtemps de lui faire du mal. J'ignorais pourquoi je l'épargnais. Elle était belle, intelligente, gentille, un vrai cadeau du ciel dont tout le monde rêvait. Elle était le rêve de certains, et peut-être le mien. Mais je le reniais. Au fond, peut-être que j'aurais aimé être comme elle, pourtant j'aimais être comme moi. J'enviais son bonheur, mais je n'enviais pas ce qu'elle était. Il était facile d'être comme elle. Tout lui avait été offert.

J'attendais le bon moment pour la détruire. J'aimais détruire tout ce qui était beau, tout ce qui était convoité. Je n'aimais pas ce qui était valorisé par de simples qualités telles que la beauté, la gentillesse et toutes ces choses qui me répugnaient. Je détestais ce que tout le monde voulait, et je détestais ces personnes qui rêvaient de tout cela.

J'étais remplie de haine. Les gens heureux me donnaient envie de vomir. A défaut de ne pas être malheureux, ils se créaient des problèmes.

Elle marchait toujours devant moi, me laissant rêver de son dos poignardé, de sa chevelure blonde tachée de sang, de son corps gisant à mes pieds. Elle ignorait tout de la vie, mais aussi de la mort.

# Posté le dimanche 06 juillet 2008 07:26

Modifié le lundi 15 juin 2009 11:19

Théa, tu existes, à présent.

Je ne voulais plus me souvenir d'elle, je ne voulais plus qu'elle vive. Sa présence étouffait la mienne, tout le monde n'avait d'yeux que pour elle. J'en avais assez de vivre dans l'ombre, d'être cachée par SON ombre. La haine que je lui portais grandissait chaque jour en même temps que l'amour que je portais à sa vie.

J'aimais sa vie. L'amour me tuait, me consumait, il fallait que cela cesse.

Alors je l'ai rattrapée, lui ai pris le bras et l'ai tournée vers moi. Nous nous sommes arrêtées, elle était devenue pâle et me fixait dans les yeux.

« Théa ? Qu'est ce qui te prend ? »

Je lui serrais le bras, elle tentait de retirer ma main mais je continuais à serrer de plus en plus fort. Elle s'est mise à pleurer et moi à rire. Rien ne me faisait plus rire que de la voir aussi effrayée. Je l'ai alors jetée à terre, sa peau auparavant douce était éraflée à cause de la chute, ses cheveux avaient pris la poussière, son sourire n'était plus et ses yeux étaient remplis de larmes. Elle était devenue laide.

« Pourquoi ? », la seule chose qui lui venait à l'esprit était de vouloir savoir pourquoi je faisais cela. Et pourtant, cela aurait dû être la dernière chose. En effet, elle n'avait toujours pas compris que la haine dansait entre elle et moi, elle n'avait pas compris que je détestais tout ce dont elle était faite. Peut-être que si elle avait su pourquoi j'agissais de cette manière, je l'aurais épargnée. Elle m'aurait montré qu'elle pouvait être un peu plus lucide qu'elle ne le paraissait.

Sa naïveté l'avait tuée. Je suis innocente.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 15:30

Modifié le lundi 15 juin 2009 11:19

(C'est de l'art, les mecs, donc pas de censure, sivouplé!)

(C'est de l'art, les mecs, donc pas de censure, sivouplé!)

# Posté le lundi 15 septembre 2008 15:56

Modifié le dimanche 01 mars 2009 19:04

Have a good time !

Have a good time !
Il a fallu que l'on déchire notre coeur pour parvenir à la libération. Il a surtout fallu que je piétine le mien pour devenir libre. Je suis jeune, et sûrement en train de vivre les meilleurs moments de ma vie. J'ai perdu mon insouciance d'enfant, ma naïveté juvénile pour connaître tout un tas de choses plus ou moins sensationnelles. Je pensais que seule mon enfance avait été réussie, parce que oui, j'ai eu cette chance, cette chance qui n'est malheureusement pas donnée à tout le monde. Je pensais que mon entrée dans l'adolescence serait un enfer, en effet ça l'a été, je pensais que ce serait toujours le cas, que je poursuivrais dans cette lignée décadente, foireuse, et complètement insupportable, mais je crois que tout finit par plus ou moins changer. Je vis toujours des choses décadentes et foireuses, mais loin de là insupportables. Avoir perdu mon insouciance m'a fait connaître tout un tas de choses formidables, parce qu'au final je termine droguée par la liberté, l'aspiration à la folie et à l'absence de toutes contraintes. Nous avons déjà beaucoup de contraintes, des choses qui nous insupportent mais que nous devons pourtant faire, appliquer les lois, les règles... ouais ouais. C'est parfois très lourd, et en voulant être un tant soit peu rebelles, nous voulons dévier toutes ces choses, c'est relativement ridicule car quoi que nous fassions, ces règles existeront toujours, mais je ne parle pas de ces choses là, du moins ce n'est pas cela que je pointe du doigt. C'est surtout autrui que je discerne dans tout ce tas de contraintes. Les autres ? Qui sont les autres ? Tous de parfaits étrangers paumés, perdus dans eux-mêmes, blasés parce qu'ils ont déjà tout, ou frustrés parce qu'ils n'ont encore rien. Que demandent-ils ? Que cherchent-ils ? La maison, le mariage, les gosses, l'animal de compagnie et la voiture ? Je me suis en effet souvent demandée pourquoi le propre de la vie de l'Homme était défini de cette manière. Pourquoi ce cadre ? Cette ligne ? Devenir un zombi désabusé ? Ou bien dévier la norme et être un marginal désabusé ? "Les braves gens n'aiment pas que l'on suivre une autre route qu'eux." disait Brassens. Oui ! Bien sûr ! Tout est là. Parce que ne pas se marier, finir autrement, seul et pourtant autant paumé que les autres est mal ? Ne pas procréer est inconcevable, vous croyez ? Je pense surtout qu'il est inconcevable de mettre au monde de pauvres enfants qui subiront nos erreurs du passé. Qui pourra se vanter d'avoir réussi sa vie ? Qui pourra dire "mon gosse aura une superbe vie, c'est sûr !" ? Qui ? Quel pourcentage de personnes étant en mesure de me soutenir cela pouvez-vous me donner ? Parce que non, le peuple est pauvre, les prolétaires mangent dans les poubelles, quel prolo pourra promettre à son gosse une vie de noble ? Puisque de toute façon les études sont trop chères pour un fils d'ouvrier, il finira ouvrier lui aussi. Vous avez le droit de ne pas être d'accord, parce qu'il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, et je suis bien consciente que je généralise. Mais je ne prétends absolument pas détenir la vérité, ce n'est que mon opinion. Alors... Pourquoi ne pas dévier ce chemin tout tracé "maison, mariage, gosses, animal de compagnie et voiture" ? La vie est un échec, quoi qu'il en soit, nous mourrons tous, la mort... est-ce un échec ? Oui puisque y est soumis l'Homme, incapable de découvrir l'élixir de vie. Je considère cela comme un échec, une fin, une mise en terre, de la putain de poussière. Être réduit à néant n'est vraiment pas glorifiant. Alors est-ce que j'envisage pour le moment d'avoir cette vie bien cadrée dont tout le monde rêve ? Non, pas pour l'instant, pas en cet instant, la personne qui sera amenée à me faire changer d'avis devra être quelqu'un d'indéfinissable, ouais... quelqu'un qui peut-être n'existe pas, et est-ce que j'ai envie de changer d'avis ? Je l'ignore. Pour l'instant, ce que je peux affirmer c'est que je me sens bien, que penser de cette manière me donne incroyablement envie de vivre, alors évitons de venir briser ma vision des choses aussi puériles peuvent elles être.

Don't stop me now.

# Posté le samedi 16 août 2008 21:19

Modifié le lundi 02 mars 2009 06:07